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Dans le train...
18 Mai 2008 à 21:38 Dans le train...

Amahri

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Dans le train, cet homme s'est mis à me parler. A me parler. Et moi, je l'ai écouté. Comme si lui et moi, nous n'attendions que cela depuis des années. Je comprenais tout. C'était passionnant:

" Pas de souci. C'est cool. Tu vois ce que je veux dire ? Le temps que ça se mette en place. La faisabilité. Ce qui serait structurant...C'est génial ! Un de mes potes m'a eu un plan. C'est mortel. Pas de problème !".

Puis, il a ajouté :
" Je n'ai plus de batterie. Je descends ici, vieux. A plus !". Alors que les portes du train se sont refermées derrière lui, il m'a fait un joli geste de la main. Je l'ai regardé marcher quelques secondes. Il oscillait de gauche à droite comme cela prend à certains jeunes lorsqu'ils arrivent à un certain âge. Cela se voyait qu'il éprouvait encore dans ses sillons les mouvements du train.
Les bas de son pantalon ornaient le sol. Et comme il pleuvait, on aurait dit des serpillères. Je me suis avisé qu'il allait salir son appartement s'il ne faisait pas attention. Avec toutes ces merdes de chien qui se trouvent sur les trottoirs...

Lorsque j'ai eu cessé de l'apercevoir, je me suis rendu compte que je ne savais plus où m'arrêter. Je me suis un peu affolé. Alors, faisant montre de bon sens, j'ai interrogé les gens aux alentours. Personne ne me répondait. Les lecteurs MP3 crépitaient. Certains se soudaient le regard dans des parties de mots croisés aussi précieuses que leurs parties génitales. D'autres convolaient visiblement en voyage de noces à bord de leur console de jeux. D'autres regardaient par la fenêtre...je crois qu'ils avaient peur. Peur de cette vie qui les attendait une fois sortis du train.

J'en ai attrapé un alors qu'il venait de se lever pour tenter de s'échapper dans un autre wagon.
Je lui ai demandé qui j'étais ?! Comme je m'appelais ?! Pas de réponse. Cela a eu l'air de l'amuser d'avoir perdu l'usage de la parole. Alors, je l'ai frappé. Je l'ai frappé jusqu'au sang. Une femme a commencé à me crier dessus. Petite, la cinquantaine, portant des lunettes, du genre institutrice imprégnée d'une mission humanitaire et civique. Invisible trente secondes plus tôt, voilà qu'elle me faisait maintenant l'effet de celle qui, d'un oeil d'aigle, régnait sur la cour de récré depuis les origines du Monde et même bien avant ça.
J'ai lâché mon âme. Elle a glissé par terre en gémissant telle du sable secoué dans des poupées vaudous. Toutes les phrases que m'avait dites mon ami se tiraient. Je les voyais de moins en moins. Elles étaient de plus en plus poreuses. A leur place, la lueur étanche du regard de cette femme, ses clameurs de pervenche. Je voulais que les pensées de mon ami reviennent et non qu'elles se fanent.

Je me suis approché d'elle. Quelqu'un s'est interposé. Deux sur moi maintenant. Même pas d'homme à homme. Tout à l'heure, ils étaient tous incapables de me répondre avec leurs cervelles de maracas par contre pour me sauter dessus...ils avaient dû beaucoup jouer à saute-mouton. C'était sans doute à peu près tout ce qui devait leur rester d'humanité. Et ce *** de déséquilibre dû à la poussée centrifuge du train !

J'ai eu beau les corriger à plusieurs reprises( j'avais les mains enflées d'abruptes accélérations ) cela ne résolvait rien. D'autant qu'entre-temps, avec une logique bien à elle, l'institutrice était partie dispenser des cours particuliers dans les toilettes. A-t'on jamais vu salle de cours plus exigue ?!

Pire. Elle a refusé de m'ouvrir la porte comme je le lui proposais. Comment faisait-elle ?! régulièrement, ces toilettes étaient vandalisées, mal entretenues et sentaient mauvais. Et l'on disait les femmes plus propres que nous, les hommes.
Inutile de dire que ça m'a dégoûté.

Cela a duré comme ça jusqu'à l'arrivée des forces...de l'homme. Magie du téléphone portable et du GPS sans doute.
Leurs moyens naturels - nous ne sommes pas tous égaux contrairement à tout ce qu'on nous raconte - étant jugés insuffisants, les forces de l'homme m'ont interpelé à 1600 mètres par seconde. Deux ou trois fois , je crois. Passée une certaine heure, Je n'ai jamais su compter au delà de trois de toute façon.
D'un seul coup, j'ai su que j'étais enfin arrivé au bon endroit. Avant d'entrer en gare, j'ai eu le temps d'entendre le scoop :

" Qui est-ce ?! on ne sait pas ! Un forcené ! Il a pété les plombs comme ça d'un seul coup ! Mais vous vous rendez-compte, on aurait pu tous crever s'il avait été armé ! J'hallucine ! Cet homme-là aurait dû être à l'asile...!".

Avec plus de succès que moi, il n'a pas fallu longtemps pour convaincre l'institutrice de sortir. C'est bien ce que je pensais: Elle avait ses têtes.Quant j'allais peut-être savoir qui j'étais finalement et ce qui m'était arrivé dans ce train, quelqu'un a tiré la chasse. Qu'est-ce que je disais quand j'affirmais que cela devait fouetter dans ces toilettes ?!

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18 Mai 2008 à 21:54 Re: Dans le train...

tuatha

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Babylone,tu déconnes....


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18 Mai 2008 à 22:00 Re: Dans le train...

severine66

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Mais quelle histoire !!!!
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18 Mai 2008 à 22:32 Re: Dans le train...

poupeedesucre

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Citation du message publié par Amahri


Dans le train, cet homme s'est mis à me parler. A me parler. Et moi, je l'ai écouté. Comme si lui et moi, nous n'attendions que cela depuis des années. Je comprenais tout. C'était passionnant:

" Pas de souci. C'est cool. Tu vois ce que je veux dire ? Le temps que ça se mette en place. La faisabilité. Ce qui serait structurant...C'est génial ! Un de mes potes m'a eu un plan. C'est mortel. Pas de problème !".

Puis, il a ajouté :
" Je n'ai plus de batterie. Je descends ici, vieux. A plus !". Alors que les portes du train se sont refermées derrière lui, il m'a fait un joli geste de la main. Je l'ai regardé marcher quelques secondes. Il oscillait de gauche à droite comme cela prend à certains jeunes lorsqu'ils arrivent à un certain âge. Cela se voyait qu'il éprouvait encore dans ses sillons les mouvements du train.
Les bas de son pantalon ornaient le sol. Et comme il pleuvait, on aurait dit des serpillères. Je me suis avisé qu'il allait salir son appartement s'il ne faisait pas attention. Avec toutes ces merdes de chien qui se trouvent sur les trottoirs...

Lorsque j'ai eu cessé de l'apercevoir, je me suis rendu compte que je ne savais plus où m'arrêter. Je me suis un peu affolé. Alors, faisant montre de bon sens, j'ai interrogé les gens aux alentours. Personne ne me répondait. Les lecteurs MP3 crépitaient. Certains se soudaient le regard dans des parties de mots croisés aussi précieuses que leurs parties génitales. D'autres convolaient visiblement en voyage de noces à bord de leur console de jeux. D'autres regardaient par la fenêtre...je crois qu'ils avaient peur. Peur de cette vie qui les attendait une fois sortis du train.

J'en ai attrapé un alors qu'il venait de se lever pour tenter de s'échapper dans un autre wagon.
Je lui ai demandé qui j'étais ?! Comme je m'appelais ?! Pas de réponse. Cela a eu l'air de l'amuser d'avoir perdu l'usage de la parole. Alors, je l'ai frappé. Je l'ai frappé jusqu'au sang. Une femme a commencé à me crier dessus. Petite, la cinquantaine, portant des lunettes, du genre institutrice imprégnée d'une mission humanitaire et civique. Invisible trente secondes plus tôt, voilà qu'elle me faisait maintenant l'effet de celle qui, d'un oeil d'aigle, régnait sur la cour de récré depuis les origines du Monde et même bien avant ça.
J'ai lâché mon âme. Elle a glissé par terre en gémissant telle du sable secoué dans des poupées vaudous. Toutes les phrases que m'avait dites mon ami se tiraient. Je les voyais de moins en moins. Elles étaient de plus en plus poreuses. A leur place, la lueur étanche du regard de cette femme, ses clameurs de pervenche. Je voulais que les pensées de mon ami reviennent et non qu'elles se fanent.

Je me suis approché d'elle. Quelqu'un s'est interposé. Deux sur moi maintenant. Même pas d'homme à homme. Tout à l'heure, ils étaient tous incapables de me répondre avec leurs cervelles de maracas par contre pour me sauter dessus...ils avaient dû beaucoup jouer à saute-mouton. C'était sans doute à peu près tout ce qui devait leur rester d'humanité. Et ce *** de déséquilibre dû à la poussée centrifuge du train !

J'ai eu beau les corriger à plusieurs reprises( j'avais les mains enflées d'abruptes accélérations ) cela ne résolvait rien. D'autant qu'entre-temps, avec une logique bien à elle, l'institutrice était partie dispenser des cours particuliers dans les toilettes. A-t'on jamais vu salle de cours plus exigue ?!

Pire. Elle a refusé de m'ouvrir la porte comme je le lui proposais. Comment faisait-elle ?! régulièrement, ces toilettes étaient vandalisées, mal entretenues et sentaient mauvais. Et l'on disait les femmes plus propres que nous, les hommes.
Inutile de dire que ça m'a dégoûté.

Cela a duré comme ça jusqu'à l'arrivée des forces...de l'homme. Magie du téléphone portable et du GPS sans doute.
Leurs moyens naturels - nous ne sommes pas tous égaux contrairement à tout ce qu'on nous raconte - étant jugés insuffisants, les forces de l'homme m'ont interpelé à 1600 mètres par seconde. Deux ou trois fois , je crois. Passée une certaine heure, Je n'ai jamais su compter au delà de trois de toute façon.
D'un seul coup, j'ai su que j'étais enfin arrivé au bon endroit. Avant d'entrer en gare, j'ai eu le temps d'entendre le scoop :

" Qui est-ce ?! on ne sait pas ! Un forcené ! Il a pété les plombs comme ça d'un seul coup ! Mais vous vous rendez-compte, on aurait pu tous crever s'il avait été armé ! J'hallucine ! Cet homme-là aurait dû être à l'asile...!".

Avec plus de succès que moi, il n'a pas fallu longtemps pour convaincre l'institutrice de sortir. C'est bien ce que je pensais: Elle avait ses têtes.Quant j'allais peut-être savoir qui j'étais finalement et ce qui m'était arrivé dans ce train, quelqu'un a tiré la chasse. Qu'est-ce que je disais quand j'affirmais que cela devait fouetter dans ces toilettes ?!


je ne dirai plus rien
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18 Mai 2008 à 23:00 Re: Dans le train...

criquet05

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Citation du message publié par Amahri


Dans le train, cet homme s'est mis à me parler. A me parler. Et moi, je l'ai écouté. Comme si lui et moi, nous n'attendions que cela depuis des années. Je comprenais tout. C'était passionnant:

" Pas de souci. C'est cool. Tu vois ce que je veux dire ? Le temps que ça se mette en place. La faisabilité. Ce qui serait structurant...C'est génial ! Un de mes potes m'a eu un plan. C'est mortel. Pas de problème !".

Puis, il a ajouté :
" Je n'ai plus de batterie. Je descends ici, vieux. A plus !". Alors que les portes du train se sont refermées derrière lui, il m'a fait un joli geste de la main. Je l'ai regardé marcher quelques secondes. Il oscillait de gauche à droite comme cela prend à certains jeunes lorsqu'ils arrivent à un certain âge. Cela se voyait qu'il éprouvait encore dans ses sillons les mouvements du train.
Les bas de son pantalon ornaient le sol. Et comme il pleuvait, on aurait dit des serpillères. Je me suis avisé qu'il allait salir son appartement s'il ne faisait pas attention. Avec toutes ces merdes de chien qui se trouvent sur les trottoirs...

Lorsque j'ai eu cessé de l'apercevoir, je me suis rendu compte que je ne savais plus où m'arrêter. Je me suis un peu affolé. Alors, faisant montre de bon sens, j'ai interrogé les gens aux alentours. Personne ne me répondait. Les lecteurs MP3 crépitaient. Certains se soudaient le regard dans des parties de mots croisés aussi précieuses que leurs parties génitales. D'autres convolaient visiblement en voyage de noces à bord de leur console de jeux. D'autres regardaient par la fenêtre...je crois qu'ils avaient peur. Peur de cette vie qui les attendait une fois sortis du train.

J'en ai attrapé un alors qu'il venait de se lever pour tenter de s'échapper dans un autre wagon.
Je lui ai demandé qui j'étais ?! Comme je m'appelais ?! Pas de réponse. Cela a eu l'air de l'amuser d'avoir perdu l'usage de la parole. Alors, je l'ai frappé. Je l'ai frappé jusqu'au sang. Une femme a commencé à me crier dessus. Petite, la cinquantaine, portant des lunettes, du genre institutrice imprégnée d'une mission humanitaire et civique. Invisible trente secondes plus tôt, voilà qu'elle me faisait maintenant l'effet de celle qui, d'un oeil d'aigle, régnait sur la cour de récré depuis les origines du Monde et même bien avant ça.
J'ai lâché mon âme. Elle a glissé par terre en gémissant telle du sable secoué dans des poupées vaudous. Toutes les phrases que m'avait dites mon ami se tiraient. Je les voyais de moins en moins. Elles étaient de plus en plus poreuses. A leur place, la lueur étanche du regard de cette femme, ses clameurs de pervenche. Je voulais que les pensées de mon ami reviennent et non qu'elles se fanent.

Je me suis approché d'elle. Quelqu'un s'est interposé. Deux sur moi maintenant. Même pas d'homme à homme. Tout à l'heure, ils étaient tous incapables de me répondre avec leurs cervelles de maracas par contre pour me sauter dessus...ils avaient dû beaucoup jouer à saute-mouton. C'était sans doute à peu près tout ce qui devait leur rester d'humanité. Et ce *** de déséquilibre dû à la poussée centrifuge du train !

J'ai eu beau les corriger à plusieurs reprises( j'avais les mains enflées d'abruptes accélérations ) cela ne résolvait rien. D'autant qu'entre-temps, avec une logique bien à elle, l'institutrice était partie dispenser des cours particuliers dans les toilettes. A-t'on jamais vu salle de cours plus exigue ?!

Pire. Elle a refusé de m'ouvrir la porte comme je le lui proposais. Comment faisait-elle ?! régulièrement, ces toilettes étaient vandalisées, mal entretenues et sentaient mauvais. Et l'on disait les femmes plus propres que nous, les hommes.
Inutile de dire que ça m'a dégoûté.

Cela a duré comme ça jusqu'à l'arrivée des forces...de l'homme. Magie du téléphone portable et du GPS sans doute.
Leurs moyens naturels - nous ne sommes pas tous égaux contrairement à tout ce qu'on nous raconte - étant jugés insuffisants, les forces de l'homme m'ont interpelé à 1600 mètres par seconde. Deux ou trois fois , je crois. Passée une certaine heure, Je n'ai jamais su compter au delà de trois de toute façon.
D'un seul coup, j'ai su que j'étais enfin arrivé au bon endroit. Avant d'entrer en gare, j'ai eu le temps d'entendre le scoop :

" Qui est-ce ?! on ne sait pas ! Un forcené ! Il a pété les plombs comme ça d'un seul coup ! Mais vous vous rendez-compte, on aurait pu tous crever s'il avait été armé ! J'hallucine ! Cet homme-là aurait dû être à l'asile...!".

Avec plus de succès que moi, il n'a pas fallu longtemps pour convaincre l'institutrice de sortir. C'est bien ce que je pensais: Elle avait ses têtes.Quant j'allais peut-être savoir qui j'étais finalement et ce qui m'était arrivé dans ce train, quelqu'un a tiré la chasse. Qu'est-ce que je disais quand j'affirmais que cela devait fouetter dans ces toilettes ?!


Sincerement, vaut mieux prendre l'avion
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